Tant d'adjectifs peuvent s'associer à la géographie locale! Inhabituelle, exceptionnelle, rude, glacée, désertique, magique, effrayante, envoutante, et ce n'est qu'un tout début de liste. L'Antarctique est connu pour la beauté de ses paysages, pour ses icebergs géants, pour ses manchots, phoques, poissons, oiseaux tous si particuliers, pour ses tempêtes et son blizzard aussi. Mais cet Antarctique là, celui qui est connu, il est sur la côte d'un continent plus grand que toute l'Europe. L'Antarctique, c'est aussi l'intérieur de ce continent. Une surface grande comme l'Europe et recouverte de 2 à 4 kilomètres d'épaisseur de neige. Là-haut, sur les hauts plateaux plus grands que les steppes de l'Asie centale, pas de trace de vie, pas la moindre bactérie ou le moindre scorpion. C'est une autre planète. Concordia est installé sur un des points les plus élevés de ce plateau, un "dôme", le mot pouvant s'avérer trompeur si l'on songe au dôme du goûter ou à celui des écrins. Ici c'est un dôme à grande échelle, horizontalité garantie à 10 cm par kilomètre! Le forage des glaciologues, qui a creusé jusqu'au fond, a atteint 3270 mètres et 20 centimètres. Précision scientifique oblige. Si l'on doit choisir, parmi les quelques adjectifs du début de ma liste, quel est le plus représentatif, je dirais tous. Inhabituel et même exceptionnel, c'est évident, un grand nombre de superlatifs s'appliquent à ce continent. Le plus haut, le plus froid, le plus sec, le plus loin de tout le reste, le plus inhabité, le plus venté sur la côte, le moins venté tout en haut, le moins sismique, et on peut en rajouter à la pelle. Glacé, c'est tout aussi évident puisque seuls quelques rares mètres carrés sur les côtes se découvrent à nu, quelques semaines par an. Tout le reste est gelé en permanence. Désertique, à tous les points de vue, sécheresse, pas de végétation puisque pas de terre à nu, pas de vie surtout hors de la bande côtière. Rude, on en vient aux relations entre la géographie et l'humain qui s'y aventure. Ici sur les hauts plateaux, tout est rude. L'air est froid, il gèle les poumons si l'on ne prend pas certaines précautions, l'air est rare aussi, en raison de l'altitude, deuxième difficulté qui s'additionne pour respirer confortablement. On comprend facilement, quand on passe un moment dehors, que la vie Darwinienne ait préféré aller se développer ailleurs... Effrayant, c'est vrai que cet adjectif n'est jamais loin d'une sensation qui nous habite quand on passe du temps dehors, surtout quand il ne fait pas beau. Effrayante l'idée que l'augmentation du vent peut arriver à nous rendre invisible la direction dans laquelle on doit repartir vers la station quand on s'est éloigné à pied. Effrayante l'idée que notre ski-doo peut tomber en panne quand on est parti assez loin, effrayante simplement l'idée que le vent peut nous arracher les gants que l'on a enlevé quelques secondes pour une bricole à faire à mains nues. On ne pense pas à tout ça, mais en fait ce n'est quand même jamais loin derrière. Envoutant, pourtant, malgré ces côtés rudes et effrayants. Envoutant comme le prouve le fait que la plupart de ceux qui sont venus veulent absolument revenir. C'est tellement différent de tout, chaque instant apporte des sensations nouvelles. L'odeur du froid qui ne peut pas se confondre avec une absence d'odeur, la sensation très forte de l'immensité de ce qui nous entoure, envoutant! Et magique enfin. On se demande par quelle magie on est arrivé là. Et on est dans la magie du lieu; cette fameuse odeur, absente et envivrante en même temps, le bruit du silence quand il n'y a pas de vent, le bruit du vent quand il n'y a plus de silence; le bruit de nos semelles qui crissent sur la neige glacée, le bruit de la surface qui craque sous ces semelles, bruit qui parfois se propage comme un mini séisme sous nos pieds, créé par nos pieds; la netteté incroyable, magique, de l'horizon blanc sur fond bleu d'un côté, de l'horizon gris sur fond blanc de l'autre. Magique.
L'histoire de l'Antarctique est extrêment brève par rapport à l'histoire de l'humanité puisque l'existence de ce continent n'est officiellement connue que depuis le 19ème siècle, bien qu'il figure parfois avec même une précision très étonnante sur des cartes beaucoup plus anciennes. Mais en ce qui nous concerne, c'est l'histoire du Dôme et l'histoire de l'astronomie au Dôme C qui nous intéressent plus particulièrement, l'histoire de l'astronomie se conjuguant encore assez largement au futur. Bien que la géographie et la météorologie soient des éléments dominants de cette histoire, elle est finalement néanmoins beaucoup une histoire humaine, évidemment. C'est en 1975 que la première mission de reconnaissance sur ce site a été organisée par Claude Lorius, homme clef de l'histoire de la glaciologie. Cette mission fut pleine d'émotions, deux avions Hercules américains s'étant crashés sur le site en venant récupérer les missionnaires, et les américains en possédant en tout et pour tout trois! Il faut savoir que poser et faire décoller un gros avion sans piste et sur patins sur la glace, ce qui ne permet pas de lui donner une grande vitesse indispensable pour décoller avec la pression atmosphérique réduite d'une altitude proche de 4000 mètres, c'est effectivement une entreprise difficile et à haut risque. Mais on est explorateur ou on ne l'est pas. Après des péripéties multiples et à peine croyables, ils ont fini à l'époque par ramener tout le monde d'abord, puis tous les avions ensuite, les ayant réparés sur place les années suivantes. Ce n'est que 3 ans plus tard, en 1978, que le premier forage glaciaire a pu être effectué et c'est cette année là que la fameuse idée de l'accès par ces forages, non seulement au climat du passé mais aussi à la composition chimique de l'atmosphère du passé, que cette idée a germé dans la tête de Lorius en regardant éclater les petites bulles d'un glaçon de 30000 ans d'âge qui fondait dans son verre de whisky. C'est l'année suivante, en 1979, que j'ai moi-même rencontré Lorius, au Pôle Sud où il était en transit pour une autre mission de reconnaissance au Dôme C. J'étais à l'époque, avec Gérard Grec, ce qu'on pourrait appeler un astronome franco-américain, bénéficiant du financement et de la logistique américaine pour y faire un scoop d'astronomie. Le Dôme C n'avait alors pour nous qu'une existence géographique, un peu théorique, un point sur une carte, rien qui permette de songer à y faire notre science un jour. Ensuite, pendant que le programme EPICA de forages glaciaires se développait au Dôme C avant de devenir l'élément clef de la prise de conscience actuelle du problème climatique mondial, nous les astronomes étions passés à d'autres choses et avions un peu oublié l'Antarctique. C'est en 1992, fin 1992 même, que le projet de la construction d'une station d'hivernage à Concordia arrivait jusqu'à nous. l'Académie des Sciences réfléchissant à ce qu'on pourrait en faire de scientifique, nous étions invités, grâce à notre passé d'astronomes polaires, à participer à cet exercice de réflexion. Il était assez facile de comprendre que ce site serait certainement meilleur pour l'astronomie que celui du Pôle Sud lui-même, étant plus loin de la mer donc plus sec, plus haut donc plus sec et moins venté, plus froid donc plus sec, et aussi moins nuageux d'après le peu d'éléments météo dont on pouvait disposer. Le point de vue de l'astronomie était alors quelque chose comme "pourquoi pas, il faudrait tester un peu plus avant les propriétés de ce site". La construction de la station traînait ensuite en longueur, en raison du choix initial d'y accéder au moyen d'une piste d'atterrissage construite à la station côtière française de Dumont d'Urville (DDU). Cette piste posait tout d'abord de sérieux problèmes écologiques, se trouvant sur un habitat important de manchots Adélie et Empereurs, elle posait ensuite un problème purement technique, les tempêtes côtières bien connues de DDU se chargeant de la mettre à mal et de la rendre rapidement inutilisable. Le temps d'organiser une toute autre logistique, les transports lourds se faisant alors par convois de chenillettes depuis la côté jusqu'au Dôme C et les transports des passagers par des petits avions, les Twin-Otters canadiens bien rodés aux climats rudes, le début de la construction s'en trouvait retardé jusqu'en 1999. Entre temps ce projet était devenu franco-italien, et la piste qui avait néanmoins été construite est aujourd'hui utilisée comme quai d'embarquement et de débarquement du bateau, l'Astrolabe, qui effectue la liaison avec Hobart, en Tasmanie. Et qui est souvent nommé le gastrolabe, la raison de ce sobriquet n'ayant sans doute pas besoin d'explication supplémentaire, quand on sait qu'il traverse les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants... C'est en 1999 que j'apprenais le démarrage de la construction de cette station. Les souvenirs des expéditions au Pôle 20 ans plus tôt me chatouillaient alors la mémoire, et en accord avec quelques collègues, je proposai à l'IPEV de supporter un programme de qualification astronomique de ce site, en été d'abord, puis en hiver quand la station d'hivernage serait opérationnelle. C'est à ce moment là qu'un deuxième personnage clef de l'histoire de Concordia montait au créneau, je veux parler bien sur de Karim Agabi, qui venait d'être embauché comme ingénieur dans notre labo. D'entrée il se portait volontaire pour prendre en charge toute la partie technique et également volontaire pour être le premier hivernant, quelle que serait l'année de cet hivernage. Personnage hyper-actif, parfois épuisant pour son entourage, mais rendant tellement autant de services aux autres que ce qu'il leur en demande que finalement tout le monde l'adore, il faut bien avouer aujourd'hui que tout ce qui se fait depuis maintenant 7 ans en astronomie à Concordia n'existerait pas sans l'engagement personnel de Karim. D'ailleurs ici, notre domaine, bien matérialisé par les deux plateformes en bois initialement nommées Concordiastro, et plus souvent aujourd'hui "les Mac-Do", ce domaine s'appelle souvent Agabiland. Karim est venu ici chaque saison d'été depuis 2000, il a effectivement fait partie de l'équipe historique qui a effectué le premier hivernage en 2005, et il compte bien recommencer en 2009. Son incroyable énergie et son sens de l'anticipation font qu'aujourd'hui, quand quelqu'un a besoin d'un matériel un peu particulier qui a toute chance de ne pas exister ici, avant d'aller demander au chef de station ou à l'atelier de mécanique ou au gestionnaire des stocks, il commence par venir voir Karim. Il a une bonne chance de trouver de qu'il cherche, ou alors Karim se débrouille pour le lui procurer par un missionnaire qui arrivera deux semaines plus tard.... tant qu'on est en été bien sur. En 1999, nous étions deux à croire vraiment à un avenir de l'astronomie à Concordia, John Storey à Sydney et moi. En 2000, nous étions 3, avec Karim. Quelques années plus tard, les astronomes des 5 continents ont un regard attentif sur la qualification de ce site d'exception. Très nombreux sont maintenant ceux qui y croient, d'autres restent sceptiques car les difficultés objectives sont réelles et les qualités du site sont peut-être un peu moins faramineuses que ce qu'on avait pu rêver un moment, même si elles sont effectivement exceptionnelles. L'histoire de l'astronomie, au delà des opérations astronomico- météorologiques, se conjugue encore au futur et de l'histoire au futur, ça comporte encore un peu d'incertitude, il faut en convenir. C'est devenu un enjeu politico-budgétaire, dans la vaste compétition non seulement internationale, mais aussi entre science au sol et science dans l'espace. Il est certain que nombre de projets seraient plus efficaces dans l'espace. Infiniment plus chers aussi, et pas forcément réalisables non plus. Concordia, bien moins cher que l'espace mais néanmoins plus cher qu'ailleurs sur Terre, cherche son créneau d'unicité, LE projet qui peut y être réalisé, qui ne peut pas l'être ni ailleurs sur Terre ni dans l'espace, et qui doit présenter évidemment un immense intérêt scientifique. Il se pourrait que la quête d'une exo-Terre, dans la démarche générale de la quête de la vie dans l'univers, extra-système solaire, soit la cible qui finira par tirer la communauté vers le grand continent blanc.
La vie quotidienne ne ressemble que bien peu à celle que l'on vit habituellement, que ce soit chez soi ou au cours d'une mission professionnelle plus classique. L'environnement, le climat, la géographie, sont ceux d'une autre planète. L'espace vital est très confiné, chambre, bureau, salon, salle à manger, services techniques et communs sont tous dans le même bâtiment, on a une atmosphère de station spatiale. Un peu plus grand sans doute, mais comme on est 50, ça doit ressembler pas mal. Avec des différences notables quand même. On sort, on peut sortir, on peut en souffrir et/ou y prendre beaucoup de plaisir. La plupart de ceux qui séjournent ici n'y restent qu'assez peu de temps, de deux semaines à deux mois en général. Ca signifie que le temps d'acclimatation n'est jamais négligeable, certains repartent avant d'avoir fini de s'acclimater. Et ce paramètre compte, on l'a bien en tête. On constate ainsi que tout à fait logiquement, il ne faut pas, et d'ailleurs on ne peut pas, se mettre au boulot à fond la caisse dès qu'on est arrivé. Mais à l'autre bout, il ne faut pas s'économiser excessivement. Si on veut que l'organisme fasse son boulot d'acclimatation, il faut lui passer de l'information sur la nature de ce qu'il à faire, donc il faut sortir pour qu'il entende " froid ", il faut aussi faire un minimum d'exercice, au moins un peu de marche dehors même si on a du mal, pour qu'il entende " besoin d'oxygène ". Et alors il fait ce qu'il faut, c'est à dire essentiellement des globules rouges. D'ailleurs dès les premiers jours, ceci concerne peut-être surtout les vieux diésels comme moi, je respirais beaucoup mieux, l'oppression disparaissait complètement, au retour des 2 kilomètres à pied d'aller et retour à la tour, donc après une grosse demi heure de marche. Ensuite, et donc assez vite, il est vrai que chaque sortie est un réel plaisir, à part le moment pénible qui consiste à s'habiller. Pénible parce que ça prend une bonne dizaine de minutes, qu'en général on a oublié en haut un truc quelconque mais indispensable comme le stick à lèvres, ou les lunettes, ou une paire de gants, ou un bonnet, enfin quelque chose qui nous oblige à remonter en tenue chaude. Dans tous les cas, on se prend une bonne suée avant d'avoir réussi à sortir enfin. Le premier contact avec l'air frais de dehors, 55 degrés en dessous du précédent, est donc toujours un vrai délice. Ouf. Enfin. Il était temps. La fraicheur se transforme quand même assez vite en froid, et là, il faut s'assurer qu'on n'a rien oublié de fermer, une fermeture éclair quelconque, le bonnet rabattu comme il faut sur les oreilles. Ensuite, tout dépend du temps qu'on va passer dehors. Si c'est une traversée de quelques minutes, on peut être négligent, et éventuellement sortir en charentaises. Dès que ça dépasse les quelques minutes, il faut avoir acquis des automatismes pour gérer les lunettes ou le masque, les petits gants ou les grosses mouffles, tout ça doit rigoureusement être toujours rangé dans les mêmes poches, sauf à se trouver vite inconfortable. Tout inconfort extérieur est interdit à priori parce que dangereux à très court terme. Le médecin du bord nous a fait une conférence sur les gelures et l'hypothermie, ça encourage à faire attention. Mais ces automatismes viennent vite, et même si la peur de faire une bêtise est toujours planquée pas loin derrière le conscient, elle ne retire rien au vrai plaisir. Tout ce que j'évoquais au début sur les sensations en tous genres est amplifié par la rareté de chacun de ces moments, par leur différence de l'un à l'autre. Que ce soit le partage d'un moment passé à deux ou trois, ou la jouissance égoïste d'un déplacement solitaire, on a chaque fois conscience que ce moment est rare. Evidemment, les confontations homme-machine, je veux dire astronome-télescope par exemple, sont parfois un peu tendues quand le désaccord semble irrémédiablement consommé. Mais on négocie et très généralement, on finit par trouver des compromis. Dans tous les cas, chaque moment de la vie ici est concerné par un thermomètre. Quelques heures passées sur la tour dans une petite brise ne peuvent pas se faire sans redescendre de temps à autre se réchauffer mains et pieds, sachant que quand on a dépassé la douleur de l'onglée, on peut rapidement passer aux stades des gelures graves sans du tout s'en rendre compte. A l'autre bout du problème, la vie à l'intérieur fait face à un unique problème, la chaleur !!! Si si. Bon, il y a bien quelques autres anecdotes, comme les toilettes, séparées en deux dans les deux bâtiments pour " solide " et " liquide ", qui ne sont pas traités du tout de la même façon. Les premiers cités sont incinérés, ce qui a déjà provoqué plusieurs accidents de type brulure quand on s'assoit en pensant à autre chose que vérifier que les sièges sont bien en place. Les autres passent par le traitement des eaux, loin ailleurs. Pas vraiment commode en pratique, même si tout ceci s'appelle parfois " les commodités ". Surtout que les urinoirs sont très loin des chambres. Bon, on évite quand même de passer par dehors, ça pourrait donc être pire, mais cette histoire fait l'objet de nombreux quolibets quotidiens destinés aux concepteurs. Quand aux loisirs, salon, salle vidéo, salle de sports, salle de lecture, on a vite fait de constater qu'on n'a jamais la moindre minute pour en profiter. J'avais amené ma raquette de ping-pong, elle n'est jamais sortie du sac. J'avais amené des bouquins, ils ne sont jamais sortis du sac. On consacre quand même chaque jour un moment de convivialité bien collective autour du café après le repas de midi, et puis il y a les corvées de vaisselle, qui sont aussi des bons moments de convivialité.
Il y a quelques années, j'avais proposé aux équipes médicales de Concordia d'essayer d'organiser la vie en hivernage sur un rythme quotidien de 25 heures. Une année, comme ça, pour voir si l'on vit mieux en étant en meilleur accord avec l'horloge biologique humaine. Je pensais que c'était un bon endroit pour se livrer à cette expérience, pendant la nuit hivernale quand le rythme terrestre de 24 heures ne doit plus être ressenti. En fait, ce rythme de 24 heures est terriblement présent malgré tout. En été évidemment, il ne faut pas oublier que Concordia se trouve à 15 degrés du Pôle et par conséquent, le soleil monte à 38 degrés de hauteur à midi pour ne se trouver qu'à 8 degrés de l'horizon tard le soir en décembre. Enorme différence qui crée un cycle thermique de 12 à 13 degrés, bien sensible. Et de fait même en hiver, le soleil n'est jamais assez loin sous l'horizon à midi pour qu'il fasse totalement nuit 24 heures sur 24. Mon idée des 25 heures n'est donc envisageable que strictement au Pôle lui-même, à la station américaine. Ce qui ne veut pas dire que je vais renoncer à cette idée, évidemment. Ceci dit, il y a à Concordia au moins deux autres raisons de ne pas pouvoir oublier le cycle de 24 heures. Il y a évidemment les repas. Petit déjeuner de 7h à 8h, après quoi Aldo prend possession des lieux pour le ménage. Les astronomes fréquentent peu cette tranche horaire, même moi qui suis bouté hors du lit bien plus tôt que les autres par mon parasite acouphénique symbiotique, j'ai manqué ce premier repas plusieurs fois. Déjeuner à midi 15, suivi d'un quart d'heure de détente autour de la machine à café bien italienne. Dîner à 19h précédé pour les amateurs d'un petit quart d'heure apéritif, quelques initiés faisant ça dans la cuisine avec Jean-Louis qui n'a guère que ce moment là pour un peu de convivialité. On pourrait évidemment facilement envisager de rythmer les repas sur 25 heures, il suffirait par exemple d'équiper tous les habitants de montres qui vont plus lentement, et " ils n'y verraient que du feu ". Voire ! En fait, il reste encore le rythme des communications avec le reste du monde. D'une part ce reste du monde vit bien sur son rythme de 24 heures, lui, et d'autre part les possibilités qui nous sont offertes de communiquer ne sont pas permanentes, mais sont sujettes à la présence ou l'absence au dessus de l'horizon des satellites de communication exploités, Inmarsat étant celui qui marche le mieux. Il y a alors essentiellement deux ou trois créneaux de communication possible chaque jour, et comme nous sommes loin de tout, nous sommes très sensibles à ces créneaux. On sent chacun un peu plus nerveux quand une session de réception de mail démarre, et la déception est perceptible quand un message espéré n'arrive pas. On imagine chaque fois ce que pourra être la vie lors des futures missions spatiales lointaines, vers Mars. Ce ne sera pas très différent, à ce point de vue, de ce que vivent nos hivernants qui sont loin de leurs proches pendant un peu plus d'un an. Il y a pendant la saison d'été également des côtés magiques dans ce rythme quotidien, et certains comme moi ne manqueraient pour rien au monde la sortie de 23 heures, quand les couleurs sont si extraordinaires. C'est ce qui m'a le plus frustré quand j'ai appris que mon départ était avancé au 23 après dîner plutôt qu'à 5 heures du matin le 24, j'avais prévu de passer la soirée en haut de la tour, seul dans l'immensité à 45 mètres au dessus de l'Antarctique, qui aurait été entièrement à moi pendant cette heure là....
La population des hivernants est un microcosme un peu à part. Pendant une saison d'été, il y a les hivernants à venir, il reste généralement quelques-uns des hivernants de la dernière saison, et il y a les récidivistes et les multi-récidivistes, qui sont tous bien connus. Sans avoir à chercher longtemps, on sait rapidement qui sont les membres de ce microcosme. En ce qui nous concerne, nous avions sur place 4 de ces membres. Karim évidemment, qui n'a pas manqué une seule mission annuelle depuis 9 ans maintenant, Eric qui fut le deuxième hivernant en 2006 et qui récidivera probablement un jour, et nos deux hivernants à venir, Erick et Zalpha, équipe de choc qui nous a totalement mis en confiance très rapidement, bien qu'ils soient tous deux les premiers non astronomes professionnels à se lancer dans cette aventure. Nos deux hivernants de 2007 ont quitté les lieux avant notre arrivée, nous en avons croisé un à Nice et l'autre à Hong-Kong au passage. D'ailleurs il ne reste en janvier qu'un seul des 14 hivernants de l'équipe 2008, c'est un qui n'était arrivé qu'en fin de saison d'été l'an dernier et ne veut pas repartir avant d'avoir franchi le chiffre symbolique de 365 jours passés sur place. IL y a dans ce microcosme des gens de toute origine, tous intéressants dans leur démarche. J'ai passé du temps sur la tour avec Shaun, un breton de 32 ans, chanteur de blues, au prénom gallois (mère d'origine galloise) qui a fait l'hivernage avec Eric en 2006. Il est capitaine dans la marine en Bretagne et voulait voir d'autres horizons, vivre d'autres sensations que celle de la mer, et rencontrer d'autres gens ayant d'autres préoccupations. Il a appris très peu avant son départ en hivernage que sa femme était enceinte. Décision difficile à prendre, il est parti quand même et aujourd'hui, son fils qui a un peu plus d'un an et demi n'a croisé son père que 4 mois en tout. Il a décidé de ne pas revenir l'an prochain, mais ne prend aucun autre engagement sur l'avenir plus lointain. Antarctique, quand tu nous tiens. Les plus intéressants sont les récidivistes et les multi-récidivistes. Karim n'en fait pas encore partie, mais comme il en est à sa 9ème mission consécutive, personne ne doute qu'il sera effectivement le premier astronome à hiverner deux fois après avoir été le premier à hiverner tout court. Claire est aussi fort intéressante. Petite bonne femme qui se donne volontairement un look très masculin, elle n'en affiche pas moins une véritable féminité très attachante, tout en ayant une autorité que nul ne cherche à contester sur l'ensemble des services techniques, c'est à dire un ensemble essentiellement masculin de grands costauds tous bien plus âgés qu'elle, qui a à peine 30 ans. Mais qui a aussi déjà deux hivernages à son actif. Elle est passionnante quand on l'entend philosopher sur l'énorme différence entre hiverner sur la côte, où la vie est " facile " et hiverner à Concordia, sorte de mission spatiale en effet. Mais comme Karim, elle revient chaque année exercer son autorité indispensable. Il semble que Concordia sache se trouver efficacement les personnalités dont la station a besoin pour tourner rond. Et bien sûr, je veux dire bien sûr pour tous ceux qui y ont séjourné, il y a le cas de Jean-Louis, le chef du seul restaurant 5 étoiles de l'Antarctique. Jean-Louis et ses 10 hivernages, qui ne manque pas non plus une seule saison d'été. Et qui non seulement nous régale au quotidien, mais a dans le fond de sa cuisine la liste des dates de naissance de chaque missionnaire, et n'a jamais manqué de fêter un anniversaire de façon éclatante. Quinquagénaire débonnaire et paternaliste, il faut avouer qu'on a du mal à l'imaginer faire la cuisine ailleurs. C'est un italien, Giorgio, qui sera le chef de l'hivernage à venir, mais tant que Jean-Louis n'est pas encore reparti, Giorgio reste très discret dans son ombre.
Je me dois de terminer ces moments perdus par un chapitre sur la station de Mac Murdo, puisqu'il nous a été donné, en fait, de perdre un bon moment dans ce haut lieu Antarctique de la civilisation nord américaine. Comment se fait-il que nous soyions passés par là et rentrés en Nouvelle Zélande dans l'avion militaire américain alors qu'on nous avait annoncé un retour par Terra Nova et le bateau italien " Italica " ? Mystère. D'autant qu'à Terra Nova, nous y sommes effectivement passés, que l'Italica y était et attendait ses passagers ! Mais les voies des négociations des divers opérateurs de logistique nous sont impénétrables, à nous bétail vulgaris. Tu me prends x personnes sur le bateau, je t'en passe y sur l'avion et je te fais un bon prix... Nous, on nous dit vous partez par là pour aller là-bas dans tel moyen de transport. On répond " bon ". On nous dit vous partez tel jour à telle heure, on répond " bon ". Quoique... De ce côté là, les voies des négociations ont aussi affaire à la voix du seigneur, celui qui fait la pluie et le beau temps, et plutôt d'ailleurs la pluie ou le beau temps, et aussi celui qui sème le vent pour que nous récoltions parfois la tempête. Alors on part parfois plus tôt que prévu quand les prévisionnistes annoncent un risque de vent. Ou carrément bien plus tard si le vent est arrivé avant qu'on ne soit parti. Et il s'agit du vent à l'autre bout du voyage, 5 heures plus tard, c'est celui-là qui pose problème. Quand les prévisionnistes se sont plantés, on doit parfois atterrir à vue sans la moindre visibilité. C'est là que le talent des pilotes prend tout son sens. Mais il est vrai que l'Antarctique ne serait pas un continent d'exception si l'on n'était pas soumis à ce genre de facéties. Donc nous sommes partis vers Mac Murdo. Avec un léger détour quand même, optimisation oblige. 8 passagers, français, italiens et notre anglais de poche, James, 50 kilos tout habillé (avec 7 kilos d'habillement quand même). Plus tous les bagages du retour, avion bourré jusqu'à la gueule. Mais il a décollé sans rechigner, il a volé sans se poser de questions, et il a atterri sans capoter. 5 heures vers Cap Prudhomme, à quelques encablures de Dumont d'Urville. Nos deux pilotes étaient un jeune canadien et une jeune canadienne, blonde et jolie à se demander ce qu'elle faisait là. Mais elle fait. Et aux étapes, c'est elle qui charge et décharge tous les bagages pendant que les mâles remplissent les réservoirs. Cap Prud'homme, ça ne tourne pas exactement le dos à la direction de Mac Murdo, mais presque, disons que ça ne raccourcit vraiment pas. Donc, vol sans histoire. Départ 21h, arrivée 4 heures du matin avec un peu de décalage horaire. Mais l'arrivée à 4 heures, sur la mer pleine d'icebergs et avec la lumière de cette heure là, ce fut un éblouissement de beauté magique. Le pilote nous a offert 10 minutes de petit détour sur la mer avant de revenir atterrir sur le glacier. Juste pour le plaisir des yeux. Muets, nous étions. Tous. Nous n'avons retrouvé la parole qu'en descendant de l'avion. Quelques moments comme ça remboursent la totalité de tous les désagréments qu'on rencontre ici et là. L'atterrissage se fait sur le glacier, à 5 kilomètres du bord de mer, et l'épaisseur de glace y est déjà d'environ 300 mètres. Ensuite on descend ces 5 kilomètres dans une chenillette d'un autre âge, en slalomant entre les crevasses ou en les enjambant si elles sont assez modestes. On comprend à ce moment pourquoi l'avion atterrit plutôt là-haut... Cap Prud'homme est une petite station d'été uniquement. On y fait un peu de science, par exemple d'autres carottages de glace, mais c'est surtout le site de départ et d'arrivée des raids terrestres de trains de bulls qui assurent la navette avec Concordia. On apprend que le dernier convoi de l'année en est à mi-parcours de la montée vers Concordia. On aurait pu le voir, l'itinéraire de l'avion suit d'assez près l'autoroute. Mais personne ne savait exactement où ils en étaient. Donc petit dèj à 5 heures du matin, quelques heures de sommeil, et rebelote. Même équipage. On repart, vers Terra Nova, station Mario Zuchelli (un copain adorable mort d'un cancer il y a 3 ans). Un peu plus long, 5 heures et demie bien tassées. Du coup, décalaqge horaire supplémentaire compris, arrivée à 11 heures du soir, avec de nouveau la magie des couleurs, sur une chaîne de montagnes extraordinaires cette fois. Je mitraille autant que je peux par le hublot, qui ne coopère hélas pas beaucoup côté transparence. Je négocie un moment avec lui, mais il se montre sourd à tous mes arguments. J'ai des photos quand même. Une autre chenillette, pour quelques autres kilomètres sur une piste qui donnerait la nostalgie à ceux qui ont pris des autobus au Népal ou au Ladak, entre mer (gelée) et montagne (enneigée). Quelques heures de sommeil. On admire l'Italica. Et on repart de nouveau. 5 minutes d'hélico qui remplacent avantagement la chenillette nocturne, et cette fois c'est Bob qui est aux commandes. Bob, sympathique québecquois un peu bourru, " la porte est là, vous me dites si vous avez trop froid ou trop chaud, je n'y changerai rien mais c'est toujours intéressant de savoir ". Donc, Bob, mais toujours la jolie blonde, Aimy. Il faut peut-être rappeler que quand nous sommes partis de Concordia, elle venait d'y arriver, en direct de là, je veux dire de Terra Nova, par un vol d'environ 6 heures avec un arrêt fuel au milieu. Elle se sera donc tapée près de 20 heures aux commandes de cet avion, en Antarctique, en un peu moins de deux jours. La règlementation de sécurité? Si on tenait compte de ces fadaises ici, il ne s'y passerait pas grand chose ! Nous voilà partis pour Mac Murdo, moins loin, seulement deux heures et demie. Peu avant d'arriver, le temps se gâte, belles bourrasques de neige, on n'y voit plus rien. Bob arrive même à s'inquiéter un peu, il reprend de l'altitude, ce serait dommage de se fracasser sur une colline invisible si près du but. Mais en pénétrant dans la baie de Ross, ça s'arrange un peu et on recommence à y voir. Un peu. Bob descend alors au contraire le plus bas possible pour y voir quelque chose. En cette saison tardive, les avions atterrissent vers le fond de la baie de Ross, sur de la banquise permanente. C'est la mer, mais la glace y fait 160 mètres d'épaisseur. Sans souci, ça porte donc même les gros avions militaires américains qui atterrissent sur roues. Par contre c'est loin de la station, une bonne heure de " route " en minibus genre navette d'aéroport. On roule, on roule, on passe près de la station néo-zélandaise " Scott ", qui n'a pas changé depuis 30 ans, on monte un petit col, et là, on découvre l'horreur dans toute sa splendeur. Quand j'ai connu Mac Murdo en 1979, c'était un campement militaire d'une centaine de personnes en été, et je crois me souvenir, 70 hivernants. Aujourd'hui ils sont plus de 1700, c'est devenu une ville, avec le talent inesthétique dont savent faire preuve les militaires en architecture et urbanisme, et ça grouille dans tous les coins. On nous emmène au bureau d'accueil, d'immigration, et de départ. Par chance, comme nous ne sommes qu'en transit assez bref, les formalités d'immigration sont quand même assez simples. Nous n'avons même pas besoin de déclarer que nous ne sommes pas venus ici pour assassiner le président Bush. On pourrait imaginer que c'est simplement parce que lui, il n'y est pas, mais ce serait certainement trop simplifier le problème. Bon, je persifle, c'est vrai mais je suis prêt à récidiver. On apprend alors que nous aurons la chance de voler non pas dans le quadrimoteur Hercule C130, mais dans le quadriréacteur C17, qui fait le voyage en 5 heures au lieu d'une dizaine. Enorme bénéfice, quand on connaît le confort des transports de troupe.... Malheureusement, il est actuellement en panne à Christchurch, et il pourrait arriver avec 4 à 6 heures de retard. En décompte horaire, ça s'équilibre, mais en temps d'inconfort, nous restons gagnants et ça donne à ceux qui ne le connaissent pas l'occasion de visiter le site. Je suis avec James et 6 italiens. Nous nous retrouvons à la cantine, où il est possible de s'assoir un moment. Rêveurs devant nos tasses de café américain, nous remarquons que cette station est un incroyable mélange hétéroclite d'énorme campement militaire, de gigantesque chantier en activité fébrile, et de collège américain. Tout le staff de service, qui doit représenter un quart ou un tiers de la population, est en effet constitué d'ados qui doivent être expédiés ici sur des programmes de volontariat, de scoutisme, ou que sais-je, mais qui ne doivent pas coûter cher ! Le reste de la population, c'est en partie des militaires et en partie des scientifiques, chacun individuellement étant une caricature à lui tout seul. On y voit les " bons élèves " à lunettes de 45 ans, des barbus invraisemblablement hirsutes, des obèses, etc, la liste pourrait être longue. Tout en regardant notre café de travers, nous remarquons un militaire, genre bon élève obèse, en train de faire une projection explicative des règles de sécurité. Si si, dans la cantine. C'est là que nous apprenons que le principal danger à Mac Murdo, ce sont les piétons. Ca nous laisse un peu rêveurs... Il ne faut jamais oublier que dans la civilisation nord américaine, les humains ne sont jamais que des parasites qui vivent en symbiose dans le corps de leurs hôtes parasités, à savoir les véhicules motorisés. Alors, quand l'un d'entre eux se hasarde à vivre en dehors de cette symbiose, je veux dire à se déplacer en piéton, il met l'espèce en danger et doit immédiatement être abattu. Bon, je persifle, encore. Comme nous avons plusieurs heures à tuer, je propose à mes compagnons d'infortune de mettre la station en danger en allant faire un tour à pied. Il y a entre Mac Murdo et la station Scott une colline de 250 mètres de haut, que j'avais escaladée N fois à l'époque, et qui s'appelait " Observation Hill ". Maintenant elle ne s'appelle plus que " Ob Hill ". Nous nous y lançons avec James et deux italiens. Et 7 kilos de vêtements dont des bottes pas vraiment conçues pour ça, et 7 kilos de petit sac à dos, où voulez-vous laisser ça dans ce vaste campement militaire ? Ils nous le feraient sauter immédiatement ! Là où le sentier démarrait jadis, nous devons louvoyer dans la boue entre des gigantesques machines qui déplacent des tonnes de terre, de pierres et de boue, apparemment pour mettre tout ça là plutôt qu'ici. Il est clair que nous, piétons, mettons toutes ces machines en grand danger chaque fois que nous passons trop près de l'une d'elle. De peur de finir par en abimer une, nous coupons tout droit, dans une montée bien raide et instable, surtout avec tous nos kilos en trop. Et finalement, à mi montée, miracle, nous finissons par retrouver le vrai chemin qui existe encore sur la deuxième moitié. ceci dit, arrivés là-haut en sueur, vu qu'il fait un temps pourri, le " ob " de " observation " s'avèrera une approximation bien suffisante. On aperçoit tout juste Scott station de l'autre côté, mais le bel horizon montagneux se cache pudiquement. Nous redescendons alors assez vite, en suivant le vrai chemin jusqu'en bas, un peu de force au milieu du chantier, et nous filons voir la " Scott Hut ", à une petite demi heure de marche. C'est la cabane d'où Scott est parti au Pôle en 1912, pour découvrir qu'il y avait été précédé par Amundsen, et pour mourir de froid avec tous ses compagnons sur le chemin de retour, Scott lui-même étant mort le dernier à quelques encablures de cette cabane salvatrice. Cabane originale, encore meublée de tout l'quipement d'origine, mais il faut une clé pour la visiter, nous n'avons hélas pas le temps de nous procurer la chose. On devine un peu l'intérieur par des fenêtres non nettoyées depuis un siècle. Le soir, transport convoqué plusieurs heures à l'avance vers l'aéroport. Transport dans un véhicule hallucinant, nommé " Ivan le Terra ", sorte de bus monté sur échasses, des roues de deux bons mètres de diamètre. Nous sommes nombreux, plus d'une centaine, et deux heures plus tard, l'atterrissage du C17, énorme rapace métallique, sera un spectacle qui mérite le détour. Nous serons jaloux, quelques jours plus tard, d'apprendre que nos collègues ont bénéficié d'un temps fabuleux avec la vue sur le volcan Erebus qui est là juste à côté et que nous n'avons pu que deviner sans le voir. Ensuite, l'intérieur de cet avion est un autre spectacle. Ambiance de station spatiale dans cet énorme volume cylindrique où tout est laissé bien visible, toute la mécanique, toute la thermique et tout l'électrique. Volume totalement fermé, pas la moindre fenêtre accessible. Celà ne nous a donc pas permis de voir arriver notre première nuit, que l'on découvrira en sortant de l'avion 5 heures plus tard à Christchurch. Mais c'est le premier avion un peu confortable depuis plus d'un mois, et rien que ça, c'est appréciable ! Ca fait effectivement déjà une vingtaine d'heures d'avion depuis le départ de Concordia, ce qui ne représente encore que bien moins de la moitié avant la maison..... mais il va y avoir une dizaine de jours de vacances avant la suite !
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